Sauter la barrière de la langue à deux : Anna et Antoine

Anna et Antoine, dans leur ville du moment : Paris (Photo de Agata Dobrzańska)
Ils se sont rencontrés à Bordeaux, il y a trois ans. Lui est français, elle est polonaise. Lui, ne connaît de la Pologne que la réputation des belles femmes de l’Est. Elle, aime déjà Paris, a commencé à apprendre « la langue de l’amour et de l’aristocratie ». Aujourd’hui, ils vivent dans la capitale française, enfin réunis après une relation à distance. Anna parle un français parfait, mais ça n’a pas été évident d’en arriver là : « J’ai appris le français à l’école et pourtant, je ne le parlais pas. Ce qui m’a vraiment débloquée au niveau de la langue, c’est mon Erasmus à Paris. » Antoine et Anna ne se mettent « en mode français » que lorsqu’ils sont avec des amis. « Nous nous parlons anglais, par réflexe. » C’est seulement le polonais qu’ils ne parlent pas encore ensemble. Antoine prend des cours particuliers. Avec les beaux parents, c’est le mur de la langue qu’il essaie de franchir. Anna ajoute : « Il faut que l’on soit juste. Qu’il parle ma langue comme je parle la sienne. »

L’Atlantique entre eux : Courtney et Samuel

Samuel retrouve Courtney là où elle vient de commencer un stage, en Chine (Photo de Xinjie Xiao)
Samuel est parti pour une année à l’étranger, près d’Atlanta, aux États-Unis. C’est là qu’il rencontre Courtney avec qui une relation forte se tisse rapidement. Les choses se compliquent lorsque Samuel doit rentrer en France pour terminer son master : « On s’est engagé dans cette relation parce qu’on a presque fini nos études et qu’on sait que cette situation est temporaire. » Samuel évoque le manque de la personne aimée, mais aussi plus pragmatiquement les impératifs du visa, du budget, de l’adaptation au décalage horaire de l’autre pour pouvoir se parler. « J’ai pris un travail le week-end pour financer mes billets d’avion. Un aller-retour jusqu’à Atlanta, c’est 1000 euros ! » Il reste positif : « Si on fait ça, c’est que ça vaut le coup. Finalement, ça renforce notre relation. » Plus qu’un an avant que Courtney s’installe comme diplomate et que Samuel la rejoigne pour exercer sa profession de correspondant à l’étranger.

« Les différences ne sont pas des problèmes » :  Élise et Fernando

Élise et Fernando en vacances à Tulum au Mexique  (Photo prise par Marion Saby)
Il y a 3 ans et demi, Élise partait au Mexique pour un semestre universitaire. Elle y rencontre Fernando « Au début, on pensait que ça ne serait pas sérieux. » Seulement une semaine avant le départ, Élise et Fernando décident d’avoir le courage de leurs sentiments : ils ne veulent pas que ça se termine. Après deux ans de longue distance, ils s’installent ensemble au Havre. La culture française et mexicaine sont aussi lointaines que leur géographie. Élise, au Mexique, s’étonnait d’entendre ses professeurs l’interroger sur sa confession religieuse. De son côté, Fernando se rend compte qu’en France, on ne peut pas aller au supermarché le dimanche, et qu’il faut anticiper le samedi pour faire ses courses quotidiennes (les Mexicains s’approvisionnent chaque jour). « On ne s’engueule jamais par rapport à ça. Quand on est au Mexique, on vit à la mexicaine. Quand on est en France, on vit à la française ». Élise conclut : « Les différences sont des différences, pas des problèmes. »
Camille Elaraki
Merci à Anna Kowalska, Antoine Diévart, Courtney Graff, Samuel Grimonprez, Heïlyz Gwoo et Jasher Fernando Meza Rodriguez pour le temps qu’ils m’ont accordé.
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